Qui sommes nous ?

Je m'appelle Alyson, je suis photographe ... Mais avant tout, je suis maman .

J'ai décidé, il y a de ça 4 ans maintenant, de mettre l'idée de cette asbl dans un coin de ma tête .

Aujourd'hui, nous sommes le 9 mars 2018, les statuts sont remis au Greffe du Tribunal du commerce et l'aventure commence .

Ma motivation ? Vos témoignages, tous plus édifiants les uns que les autres ... il y a des choses à apporter, des choses à changer autour du tabou du deuil périnatal ... Après avoir reçu les premiers témoignages, une petite voix m'a dit que je donnerai de mon temps, de mon énergie, de tout mon respect, mon amour et ma bienveillance et ce, aussi longtemps que possible à cette association

Je me suis entourée de mon compagnon, gérant hors pair, qui me soutient dans toutes mes démarches, me prouve au quotidien que j'ai raison de croire en moi, de pousser les portes qui m'entourent  ...

Il me fallait une 3ème personne, et il était clair pour moi que Jean François Legrève était tout indiqué pour représenter ce projet aux yeux du corps médical . Il a cru en moi, et s'est réellement senti concerné, il n'a pas hésité un seul instant à m'apporter son soutien .

Chef du service de Maternité de l'hôpital de Braine l'Alleud, gynécologue-Obstétricien, prônant l'accouchement sans violence, il est passionné par son métier, s'intéresse à l'aspect "psycho-gynécologique" de sa profession, met ses compétences de "micro-kinésithérapie" au service des femmes enceintes et de leurs émotions .

Co auteur du livre "9 mois, 40 semaines, 10 lunes - Le temps de l'Incarnation"  aux éditions Alfo .

Je n'ai rien inventé, ce genre d'association existe déjà : 

Dans le Nord du pays : https://www.bovendewolken.be/

En Wallonie : Au delà des nuages

En France : http://souvenange.fr/

Au Canada : http://portraitsdetincelles.com/

Pourquoi ?

 

 

Quelle joie on éprouve lorsqu'on apprend qu'on est enceinte ... on voit la vie avec un œil tout neuf, nous avons de nouveaux projets, des idées plein la tête ... Le prénom, la déco de la chambre, son doudou, quels parents serons-nous ? Et nous avons tellement hâte qu'il ou elle soit là, dans nos bras, enfin, après tant d'espoirs et d'attente ... Et nous sommes si fiers ...

Perdre cet enfant ... en début, milieu, fin de grossesse; à terme, quelques jours après ... c'est, à mon sens, la chose la plus horrible qu'un être humain puisse connaître ... La perte d'un enfant, peu importe son âge, est atroce pour les parents ... car qu'il soit fœtus, bébé, enfant, ado, adulte ou âgé ... c'est définitivement une partie de nous qui s'en va ... et il est contre nature, injuste qu'il en soit ainsi .

Entre culpabilité, incompréhension, haine et désespoir ... Il est difficile d'en parler ... Qui pourrait écouter comme vous avez mal au plus profond de votre être ? 

Il faut oublier et aller de l'avant ... Ha ... si c'était si facile ...

 

 

Notre but ?

Nous sommes là pour soutenir les parents en proposant un service de photographie professionnelle totalement bénévole de leur petit Ange, dans le but de garder un souvenir, une image fidèle, douce et respectueuse de leur bébé endormi.

Cette image pourrait alors être gardée comme un trésor, être montrée et donner à ce bébé une place concrète au sein de la famille .

Ces photos sont destinées à rejoindre la petite boîte remise aux parents, préparée par les infirmières et sages femmes, où elles disposent les empreintes de main, de pied du bébé .

Enfin, nous offrons un service de retouches sur les photos qui ont déjà été prises par les parents ou le personnel médical .

Aussi, autour de l'association gravitent de petites mains de fées, un peu partout en Belgique et jusqu'à Nice, qui confectionnent avec soin de petites Angelines, de petits vêtements, à la taille de ces petits êtres parfois si minuscules, et des parents souvent démunis de ne pouvoir les habiller .

Enfin, nous essayons, avec l'association de groupes de paroles, d'apporter du réconfort aux parents désenfantés, mais aussi au(x) grand(s) frère(s), grande(s) sœur(s) dont le petit frère ou a la petite sœur ne viendra pas ... 

Pour finir, il y a aussi la néonatologie à qui nous proposons un service de photographie et de petits vêtements totalement bénévole . Pour ces parents qui aimeraient tout de même immortaliser les premiers instants de leur enfant, apporter un peu de gaieté dans leurs journées emplies de craintes et d'espoirs .

 

Il n'y a rien d'impudique, nous ne sommes pas là pour photographier la douleur, la mort, le glacial, ... Nous cherchons juste à apporter un soutien, sans aucune obligation, quelque chose de chaud, de lumineux et empli d'empathie, de respect et de sincérité .  

Témoignages

 

L'asbl est portée, avant tout, par les mots de ces parents désenfantés, qui nous font part de leurs témoignages, avec les mots les plus durs, de vive voix ou par écrit ... Je pleure avec eux, je pleure en les lisant à travers mon écran, je tente de comprendre, du plus profond de mon âme, les terribles sentiments qui les transpercent comme des poignards ... et tente, au mieux, de leur apporter une issue lumineuse ... je suis convaincue que l'on oublie jamais ... nous ne pouvons qu'adoucir la peine, la transformer en souvenir précieux, à serrer contre son cœur, à oser en parler ouvertement, de ce petit être ... qu'on a pas forcément envie d'oublier aussi facilement parce que

" la vie continue"  .

De Julie

" Sois forte, La vie continue. Il faut aller de l’avant.. Il faut penser aux Vivants.. Qui n’a jamais prononcé au moins une de ces formules face aux larmes de quelqu’un qui pleure un proche ? Nous le disons avec la plus douce intention du monde et depuis que j’ai appris sa mort, j’ai reçu ces formules de diverses personnes à qui j’ai exprimé mon immense peine.

Mais ne me demandez pas d’être forte quand la tristesse s’abat et m’accable. Je vais d’abord me laisser le droit d’être triste et de pleurer tout ce que mon coeur a à pleurer, et ensuite je pourrai être forte. Demain, ou dans six semaines. Rassurez-vous. Mais avant cela je vais m’autoriser à être humaine. Je vais accueillir ma tristesse parce qu’elle a besoin que je lui ouvre les bras pour se déchaîner. Car à vouloir rester fort quand l’âme n’a besoin que d’être pleinement tournée vers sa douleur, on ne fait que la contenir maladroitement et elle reste là, tapie dans tous les gestes du quotidien. Elle partira bien plus vite si je la laisse m’emporter rien qu’un peu, pour laisser place aux souvenirs qui ne font plus pleurer mais sourire.

Ne me dites pas de penser aux Vivants quand toutes mes pensées inondées de larmes vont vers Celui que je viens de perdre pour toujours. Je vais d’abord m’autoriser à ne penser qu’à Lui, à Lui parler à voix haute pendant des heures, seule dans mon appartement, à Lui demander de faire un signe, de faire tomber un truc ou de claquer une porte, c’est bien comme ça que font les esprits dans les films n’est-ce pas ? Ensuite je pourrai penser aux Vivants. Mais avant, je dois pleurer mon mort, pour le laisser partir.

Ne me dites pas d’aller de l’avant. Car maintenant que je dois accepter de ne plus jamais le revoir, tout ce qu’il me reste de Lui, c’est le passé. Alors si ça ne vous dérange pas, je vais aller me promener quelques temps dans notre passé, encore juste un petit moment, ce ne sera pas long, promis. Et puis quand j’aurai pu déposer un baiser sur chacun de mes souvenirs, je reviendrai et j’irai de l’avant, parce qu’ainsi va la vie et que jamais Il n’aurait accepté que la Terre s’arrête de tourner après Lui."

 

"A toi qui vient d’accoucher d’un enfant fragile

Tu l’as désiré si fort : un petit être à aimer, une partie de toi-même, un ange qui viendrait compléter et fleurir ta vie. Tu l’as porté plusieurs mois, un peu trop, ou pas assez longtemps peut-être. Tu as enduré les nausées matinales, les insomnies, les maux de dos, le reflux, les fuites urinaires,… mais tu as supporté tout cela et cette fatigue infinie, avec force. Après tout, te répétais-tu sans cesse, ces bobos, c’est le signe que ton bébé est là, qu’il grandit en toi. Encore juste un petit effort et la récompense sera immense !

1001 fois tu as imaginé son visage, dressé des listes, rêvé de sa première panade, de ses premiers pas. Le petit lit est fait, le parc trône dans le salon, les armoires regorgent de bodies et de langes. Le nid est prêt.

Et puis ce fut le grand jour. Tu croyais à une fête mais tu as été terrassée par la douleur. Ton corps qui te trahit et qui ne t’appartient plus. Le brouillard, ta nudité exposée, ces inconnus qui te gèrent mieux que tu ne pourrais le faire, cette animalité qui te transcende et surtout, sans fin ni limite, cette douleur insupportable qui te transperce. Pourquoi une maman doit-elle souffrir autant pour mettre au monde son enfant ? Pourquoi faut-il payer d’un supplice un évènement aussi beau ? Mais qu’importe, bientôt, ton bébé sera là et tu oublieras vite.

Il sort de toi et, si tu as de la chance, on te le donne quelques instants. Dans tous les cas, le doute déjà s’installe. Il ne respire pas bien. Le regard des soignants parait plein d’inquiétude.

Alors on te le prend, pendant un temps infini. Ton cœur de maman sait déjà que c’est trop long.

Qu’importe, tu seras forte, encore, parce que sans doute, ce n’est qu’un tout petit rien de mère angoissée. Soyons positive ! Tu profites de ce temps pour t’occuper de toi, te rafraichir, te remettre de tes émotions. Il est entre de bonnes mains et il te reviendra vite, en pleine forme.

Enfin, on t’appelle. Les mots résonnent dans ta tête. Néonat, hypotonie, gavage, que sais-je encore. Tu as beau te concentrer de toutes tes forces, les mots volent autour de toi sans que tu ne puisses les attraper. Tu regardes intensément ce petit extraterrestre couché devant toi et déjà, tu ne le reconnais plus. Il est bizarre : on dirait un vieillard ou un animal. Il est minuscule et parait si fragile. Dépitée, tu le laisses là, dans son berceau de verre et tu rejoins ta chambre, le ventre vide et le cœur lourd.

A toi, la jeune maman qui vient d’accoucher, peut-être d’un enfant prématuré, ou handicapé ou comme moi, atteint d’une maladie génétique à laquelle il ne survivra que quelques jours, j’ai souhaité te laisser mon témoignage pour gonfler ton cœur de courage.

Ton monde s’est effondré sous tes pieds mais il porte en lui les fondements d’un nouvel univers. N’aie pas peur. Tu es au tout début du chemin. La route est longue mais elle peut être belle, aussi dure qu’elle puisse être, et quelle qu’en soit l’issue. Va voir ton enfant, tiens-toi au plus près de lui et rappelles-toi que rien ne compte davantage que ce peau à peau avec lui. Prends et revendique ta place de maman, de toutes les forces qu’il te reste. Abreuves-toi de son odeur, de chacun de ses gestes, de son regard. Mêmes ses pleurs sont un régal : il vit !!! Quel que soit l’état de ton bébé, tu as le droit de l’aimer. Tu es sa mère et il t’aime de manière inconditionnelle. C’est de toi dont il a le plus besoin. N’aie pas peur de lui. C’est simplement un petit bébé.

Il porte la beauté de l’Amour, que pourrais-tu faire d’autre que de l’aimer ? Tu devras être forte mais il te portera. Aies confiance en toi, tu as en toi toutes les ressources nécessaires pour faire face à la situation qui t’a été donnée. Ce qui ressemble aujourd’hui à un désastre peut être tout aussi bien un point de départ. A toi de choisir."     

A.